Liens cognitifs et intégration identitaire

on mai 17, 2017 | 0 Comment

 

Mathieu Caron-Diotte
Doctorat, Département de Psychologie, Université de Montreal
Superviseur: Roxane de la Sablonnière

 

 

 

L‘immigration est une réalité canadienne. Les dernières statistiques suggèrent que plus de 20% de la population canadienne est d’origine immigrante (Statistique Canada, 2017). Ces personnes apprennent à vivre dans un nouveau contexte culturel et réalisent qu’elles peuvent appartenir à un nouveau groupe culturel. En d’autres mots, elles peuvent intégrer une nouvelle identité culturelle dans leur concept de soi afin de se définir autant comme Canadiennes que membres de leur pays d’origine. L’intégration identitaire, la perception de compatibilité, de complémentarité et de cohérence entre les différentes identités d’un individu, est associée à un meilleur bien-être et une plus forte participation dans les institutions démocratiques (Scuzzarello, 2015). Ainsi, il est important de mieux comprendre le processus d’intégration identitaire afin de pouvoir le favoriser. 

Une étude préliminaire sera menée afin d’identifier des stimuli reliés aux identités québécoises et françaises (suivant la méthode de Devos, 2006) afin de les utiliser dans l’étude principale. Des immigrants français (N = 50) devront classer des images selon si elles réfèrent ou non à l’identité québécoise et française et indiquer à quel point chacune est reliée aux identités. Les images sélectionnées seront celles qui auront été classées correctement le plus rapidement, avec le moins d’erreurs et étant décrites par les participants comme étant le plus reliée à une identité, mais pas à l’autre. Cette étude sera menée avec le logiciel Inquisit du Media Lab. 

Les participants de l’étude principale seront 128 personnes s’identifiant comme français(e) et ayant immigré au Québec (calculs de puissance effectués par GPower). La participation à l’étude se fera en ligne, à l’aide d’Inquisit et Qualtrics, intégrés dans la page web Prolific. Les participants complèteront un test d’association implicite (Devos, 2006). En premier lieu, ils devront catégoriser le plus rapidement possible si un stimulus appartient à la catégorie Français ou Autre culture, indiquées à gauche ou à droite de l’écran (position aléatoire). Par la suite, la catégorie Québécois sera pairée séquentiellement avec chacune des catégories (ordre aléatoire). Le temps de réponse pour classer les stimuli dans les catégories pairées (p. ex., Français et Québécois) sera utilisé pour déterminer si des liens cognitifs sont présents entre les identités. Finalement, une mesure explicite d’intégration des identités (Yampolsky, Amiot, & de la Sablonnière, 2016) sera complétée. Il est attendu que plus les participants soient rapides pour identifier les stimuli de la catégorie pairée Français et Québécois, plus ils soient intégrés. Une régression linéaire bayésienne (Kruschke, 2014) sera effectuée afin de tester cette hypothèse.